
SOUTENIR
LA STRATEGIE DE LA REFORME ECONOMIQUE
AU LIBAN
SOMMAIRE
DES POLITIQUES ECONOMIQUES
27
Février, 2001
Introduction
Le
Liban envisage aujourd'hui un défi à double facette. Le premier
consiste en déficit budgétaire périodique et une dette qui
s'accumule; et le second se manifeste par un ralentissement de
l'activité économique. Les deux défis sont inter indépendants.
Le gouvernement libanais est d'avis, qu'il est possible de surmonter
les deux défis par le biais d'une stratégie globale d'ajustement
structurel qui viserait à libéraliser et déréglementer l'économie,
tout en contenant les déficits budgétaires récurrents. Dans cette
optique, les dépenses publiques se répartissent comme suit :
1
- Service de la dette 43%
2
- Dépenses sur la sécurité 20%
3
– Autres opérations du gouvernement 37%
Le
gouvernement est pleinement conscient de la nécessité d'adopter
et d'établir des décisions dures et audacieuses mais
indispensables pour colmater les fuites des dépenses non
productives et remanier le système fiscal. Cependant, il est évident
que, vu la composition des dépenses publiques, ces fermes mesures
internes ne prouveront pas à court terme, leur efficacité dans la
résolution du problème délicat du fardeau de l'énorme service.
En conséquence, le Liban fait appel à ses amis de la communauté
financière internationale pour soutenir et compléter ses efforts
en l'aidant à réduire le service de la dette qui constitue un énorme
composant des dépenses totales. Ceci, associer à la stratégie
globale d'ajustement structurel visant à réformer l'économie et
aborder les autres sections de la dépense non-discrétionnaire du
budget, permettra d'endiguer le déficit, de stabiliser la dette,
d'introduire une croissance économique et de forcer le cercle
vicieux.
Il
est clair que la réduction de l'énorme fardeau du service de la
dette est impérative au succès des efforts de la réforme économique.
Dans ce contexte, le soutien du programme de réforme du
gouvernement, par un mécanisme qui réduirait le coût énorme du
service de la dette, peut être structuré graduellement et refléter
de cette manière, le progrès dans le programme de réforme.
Cependant, il serait utile d'apporter un soutien important au
programme, pour veiller à amortir les effets de cette phase
initiale des efforts réformateurs. En effet, il est possible d'étendre
le soutien initial en réponse aux mesures de réformes qui ont déjà
été adoptées.
De
l'avis du gouvernement, la manière la plus efficace de réduire le
coût du service de la dette, c'est d'obtenir l'assistance pour
renforcer la crédibilité du pays et par contre, améliorer ses
conditions quand il s'agirait d'envisager les marchés
internationaux de capitaux. Renforcer la crédibilité, permettrait
au Liban de lever des capitaux à des taux d'intérêt plus bas et
des échéances plus avantageuses et par conséquent, réduire la
composante du budget relative au service de la dette et diminuer les
coûts des fonds du secteur privé.
La
Nouvelle Vision Economique et les Mesures Récentes:
Aller
de l'Avant
Le
gouvernement libanais a entamé l'établissement d'une stratégie économique
globale, fondée sur 3 piliers fondamentaux : (1) réactiver et
moderniser l'économie pour la placer sur un trajet de croissance
soutenue en incitant le secteur privé à tenir le rôle de moteur
de la croissance et intégrer le Liban dans l'économie globale, (2)
poursuivre un effort soutenu de consolidation fiscale et d'amélioration
structurelle dans le secteur des finances publiques qui s'avère être
nécessaire pour réduire le fardeau de la dette publique sur l'économie,
(3) préserver la stabilité monétaire, financière et celle des
prix.
A
cette fin, le gouvernement fait appel au soutien international pour
l'aider à diminuer la composante du service de la dette, il
s'engage à adopter les mesures nécessaires pour éliminer les
fuites de son système. Ces actions, visant à remettre en ordre les
finances du pays, font l'objet d'un consensus total au sein de la
communauté politique libanaise. Le gouvernement a déjà entamé
l'application d'une série de mesures.
I-
Moderniser l'Economie
Les
objectifs des réformes suivantes sont triples : (1) faciliter
et encourager le commerce international dans le contexte de l'intégration
du Liban à l'économie globale, (2) créer un environnement qui
facilite le développement du secteur privé pour qu'il puisse s'épanouir
contribuer à la croissance soutenue de l'économie nationale, (3)
apporter de plus grandes motivations au secteur privé par la réduction
des coûts de production.
1.
Libéralisation et intégration globale :
Durant
les trois premiers mois, le gouvernement libanais adopté les
mesures suivantes :
A.
Réactiver les négociations pour conclure l'Accord de Partenariat
Euro- Méditerranéen avant la fin de l'année en cours.
B.
Poursuivre les préparatifs pour l'accession à l'Organisation
Mondiale du Commerce où le Liban tient la place d'observateur
depuis Avril 1999
C.
Finaliser la troisième phase de démantèlement (10% chaque année)
de la Grande Région Arabe de Commerce Libre à laquelle il s'est
joint en 1998 et qui sera totalement effective en 2008.
D.
Signer d'autres accords bilatéraux et des traités, la promotion et
la protection des investissements et des traités pour éviter la
double taxation.
E.
Réduire les tarifs douaniers d'une moyenne de 12 pour cent à une
moyenne de 6 pour cent sur 5.400 articles d'un total de 5.700
articles. Le taux maximal a diminué de 105% à 107%.
F.
L'adoption d'une nouvelle loi douanière (en harmonie avec le règlement
de l'OMC), qui simplifie et accélère les procédures douanières,
adopter des normes internationales, appliquer des mesures
d'arbitrage justes et modernes, permettre une déclaration électronique
des marchandises et stimuler le développement de zones
industrielles et des zones libres.
G.
Eliminer les autres barrières non- tarifaires comme les formalités
inutiles et coûteuses.
H.
Adopter la politique du Ciel Ouvert, qui permettrait essentiellement
l'entrée ouverte sur toutes les routes, la flexibilité à fixer
les tarifs, des arrangements d'affrètement et de cargaison plus
libres et une facilité d'obtention de visas d'entrée.
2-
Réformer le système de la sécurité sociale et des pensions :
Le
gouvernement libanais est actuellement en phase d'application des réformes
suivantes :
A.
Le système de la sécurité sociale : La Caisse de la Sécurité
Sociale a ratifié récemment la proposition du gouvernement visant
à réduire la contribution des employeurs à la caisse de 38.5% du
salaire d'un employé à 23.5%.
B.
Le réforme de la pension : un programme de réforme coordonné
pour l'indemnité de fin de service et des institutions d'épargne
contractuelle est en cours d'élaboration pour (a) remplacer
l'indemnité actuelle de fin de service que supporte les employeurs
avec un système de capitalisation à deux piliers, (b) fournir un
nouveau mécanisme pour l'épargne à long terme, et (c) partager le
risque du système entre le gouvernement, les employeurs, les
gestionnaires de la caisse et les employés.
C.
Autres mesures dans le secteur de l'immobilier
Durant
les trois derniers mois, le gouvernement libanais a adopté les
mesures suivantes :
A.
Il a approuvé un projet de loi visant à encourager
l'investissement étranger au Liban, réorganiser la Société
« Investment Development Authority of Lebanon » (IDAL)
et lui octroyer l'autorité d'accorder des licences aux nouveaux
investissements ainsi que la commercialisation des produits libanais
à l'étranger, particulièrement les produits agricoles et agro-industriels.
B.
Etendre le soutien pour qu'il englobe le développement des PME spécialisées
dans l'industrie, l'agriculture, le tourisme et la technologie de
l'information par les moyens suivants : les prêts subventionnés
et les garanties des prêts (Kafalat).
C.
Réactiver le secteur de l'immobilier : (a) en allégeant la
limite légale de l'appropriation des étrangers, (b) en réduisant
les frais d'enregistrement foncier pour les investisseurs libanais
et étrangers.
II.
Privatisation
L'objectif
de cette réforme est de stimuler le développement économique et
d'inverser les dynamiques de la dette. Le processus de privatisation
sera appliqué par l'utilisation des meilleures pratiques
directrices en plus de l'expérience internationale, pour veiller à
l'impartialité de la compétition et à la participation équitable
du public.
Les
mesures principales :
1.
Privatisation de l'électricité : le 22 février, 2001, le
Cabinet a décidé d'entamer le processus de la privatisation de
« l'Electricité du Liban » (EDL). A cette fin, (1) la
loi sur la privatisation sera prête prochainement, (2) EDL sera
transformée en une compagnie à actions, (3) un appel d'offre
international sera établi pour un contrat de trois ans visant à
offrir à un opérateur la possibilité de gérer la société avec
une part de 10% de la nouvelle entité. Ce processus s'effectuera
par le biais d'un appel d'offre international.
2.
Privatisation du secteur des télécommunications : le projet
de loi sur les télécommunications sera finalisé fin mars 2001.
Cette loi réorganisera et préparera le secteur à la privatisation
par la libéralisation et l'amélioration de la compétitivité. La
loi créera aussi Liban Télécom, une entité qui se chargera d'opérer
les 750.000 lignes terrestres, l'internet et le réseau de données.
Liban Télécom sera privatisée. De plus, le gouvernement négocie
actuellement la résolution des contentieux avec les deux compagnies
opératrices du réseau cellulaire en vue de transformer les accords
BOT en licences.
3.
Loi sur la privatisation de l'eau : Le parlement a adopté une
loi pour réglementer le secteur de l'eau, pour anticiper sa
privatisation. On prévoit la privatisation totale des compagnies
d'eau de Beyrouth et de Tripoli à la fin de l'année 2002.
4.
Les derniers développements dans le processus de privatisation :
IFC, à qui fut assignée la mission d'apporter des conseils sur la
privatisation de la Middle East Airlines (MEA), a déjà soumis un
rapport concernant les meilleurs moyens de restructurer et
privatiser la MEA. Le Gouvernement est déterminé à suivre ces
recommandations, le Cabinet a pris la décision de transformer l'Aéroport
International de Beyrouth en une Société par actions.
III.
Redresser la Situation Fiscal
Le
gouvernement a mis en place une stratégie pour redresser le déséquilibre
fiscal et a commencé l'application de cette stratégie par le biais
de trois séries de mesures : (1) mesures économiques pour
stimuler la croissance par l'amélioration des revenues du
gouvernement et la réduction des subventions gouvernementales et
par conséquent, la réduction du déficit budgétaire, (2) une série
de mesures concernant le revenu et les réformes structurelles pour
augmenter les ratios des revenus sur PIB, (3) la rationalisation des
dépenses et leur endiguement par de meilleures procédures de contrôle
sur l'exécution du budget et par la privatisation qui réduira le
service de la dette.
1.
Réformes et mesures sur le revenu
1.1
Mesures fiscales pour 2001 :
Taxe
professionnelle fixe : elle est inclue dans la proposition du
budget 2001, elle est applicable sur les sociétés, les sociétés
individuelles et professionnelles. On prévoit qu'elle génèrera 40
milliards de dollars.
Loi
de réglementation de la taxe : Le gouvernement soumettra au
parlement une loi loi pour réglementer les évasions fiscales
de l'année passée et pour l'implantation parallèle du statut d'élimination.
L'importance de cette loi découle du fait qu'elle permettra au département
du revenu d'accorder davantage d'attention à la soumission aux lois
sur les taxes et de contrôler les nouvelles évasions. Cette taxe génèrera
plus de 100 milliards deLL.
Comme
plan d'urgence, le gouvernement a inclus dans la proposition du
budget de 2001, l'option d'introduire de nouveaux exercices sur
certains produits importés, égale à la réduction des tarifs
douaniers en harmonie avec les accords internationaux signés avec
les autres pays.
1.2
Réformes en cours
Parallèlement,
le gouvernement est en train de moderniser son système fiscal et d'élargir
la base des impôts par le biais de l'introduction de la TVA en 2002
et l'adoption de l'impôt sur le revenu global.
1.2.1
TVA : Les préparatifs pour l'introduction de la TVA sont en
cours. En effet, le projet de la TVA touche plusieurs domaines dont
notamment la finalisation du projet de loi qui devrait être approuvé
par le Cabinet d'ici quelques semaines, les instructions données au
secteur privé en matière fiscale, l'élaboration de dossiers
techniques et administratifs.
Le
gouvernement considère l'introduction de la TVA comme une mesure
fondamentale dans son plan d'ajustement fiscal. En effet, la TVA est
conçue pour compenser les pertes en revenues dues à la réduction
tarifs douaniers. Il vise également à moderniser et restructurer
le système fiscal. Il est prévu que l'introduction de la TVA
hausse le PIB de quelque 4%, au cours de la première année
d'application.
1.2.2
Impôt global sur le revenu : En vue d'unifier et de rendre
obligatoire la déclaration de revenus, le gouvernement remplacera
le programme existant de l'impôt sur le revenu par l'impôt global
sur le revenu.
1.2.3
Administration fiscale : Le gouvernement accorde la priorité
à la conformité fiscale par la réduction des arriérés fiscaux
et de l'évasion fiscale. Le Ministère des Finances, par le Projet
national de la réforme fiscale, poursuit les efforts pour
moderniser et renforcer les capacités de collecte de
l'administration fiscale. Le Ministère des Finances examine par
ailleurs la possibilité d'institutionnaliser les diverses unités,
comme l'unité de contrôle des opérations, l'unité des
contribuables et l'unité de service des contribuables. Le
gouvernement cherche aussi à relier les douanes au Département des
revenus pour améliorer la collecte des taxes et la conformité.
2.
Les mesures de dépense
Le
gouvernement a adopté des mesures universelles afin d'endiguer les
dépenses du gouvernement en l'an 2001 et par la suite. Ces mesures
consistent à rationaliser la fonction publique et à améliorer le
rapport qualité-prix en réduisant le service de la dette, en
diminuant les subventions, en réformant le secteur public et en
promouvant la productivité des dépenses d'investissement.
2.1
La réforme de la fonction publique
Le
22 février 2001, le gouvernement a ratifié (1) la réassignation
du surplus de fonctionnaires au Conseil de la Fonction publique,
dans une tentative de réaffecter les employés aux postes
actuellement vacants et (2) le gel de l'emploi dans les institutions
et les ministères publics
2.2
Réforme des entités publique
Le
gouvernement a décidé de réformer toutes les entreprises du
secteur public en vue de rationaliser et de réduire les dépenses
publiques non productives. Le processus d'exécution a été entamé
par la décision du gouvernement du 22 février 2001 de réformer
les médias de l'Etat par le licenciement de 500 employés de la télévision
publique (Télé Liban), par la résiliation des contrats collectifs
de travail et par la suspension de la diffusion pour trois mois dans
le but de restructurer la chaîne officielle.
2.3
Réduction des subvention
Le
gouvernement a également décidé de réduire les subventions
accordées par l'Etat au Bureau des Betteraves. Cette décision
permettra au gouvernement d'épargner quelque 13 milliards de livres
libanaises et de libéraliser le secteur agricole.
2.4
Activation des prêts concessionnaire
Le
gouvernement s'est engagé à accélérer l'utilisation des fonds
disponibles par le biais des prêts concessionnaires. L'activation
de ces fonds permettra au gouvernement de prendre des mesures
significatives relatives aux réformes sectorielles et aux
programmes de travaux publics.
2.5
Loi de comptabilité publiqu
Le
gouvernement a approuvé l'amendement de la loi de comptabilité
publique en vigueur, ce qui contribuera largement à la
rationalisation des dépenses publiques à travers l'élimination de
la moitié des signatures requises pour le déblocage des dépenses
et rendra les ministères principaux responsables de leurs propres dépenses.
2.6
Loi d'acquisitio
Le
gouvernement est pleinement engagé à renforcer la transparence et
la responsabilité financière en matière d'acquisition. A cette
fin, il soumettra bientôt une nouvelle loi d'acquisition modernisée
IV-
Gestion de la dette
Les
taux d'intérêts élevés ont entravé les efforts déployés par
les gouvernements successifs visant à appliquer les mesures
fiscales et à réduire le déficit budgétaire. En effet, le
service de la dette par rapport au PIB a augmenté énormément au
cours de la dernière décennie (17% fin 2000), entravant les
efforts du gouvernement visant à briser le cercle vicieux de la
hausse de la dette et du déficit. Dans cette perspective, la stratégie
de la gestion de la dette adoptée par le gouvernement se concentre
sur la réduction du service de la dette et la minimisation, à long
terme, du coût payé par le gouvernement en vue de répondre à ses
besoins financiers, tout en prenant en considération les risques et
tout en s'assurant que la politique de gestion de la dette va de
pair avec la politique monétaire de la Banque Centrale.
Le
gouvernement continue à proroger l'échéance moyenne (2.53 années
en 2000) de sa dette, à réduire le service de la dette et à
refinancer les risques en remplaçant les coûts élevés et la
dette intérieure à courte échéance par des coûts réduits et
une dette extérieure à échéance prolongée.
Le
gouvernement active également l'octroi des prêts concessionnaires
existants afin de financer les dépenses d'investissement.
Sur
le marché extérieur, le gouvernement élargit la base des
investisseurs, promeut la diversification monétaire et compte
exploiter de nouveaux marchés dans le but d'avoir accès à des
sources de financement moins coûteuses. Le gouvernement développera
aussi le marché de la dette intérieure en rationalisant la stratégie
adoptée, en créant des points de référence, en renforçant la
profondeur et la liquidité du marché secondaire, en introduisant
de nouveaux instruments financiers et en améliorant et modernisant
l'infrastructure du marché.
V.
Maintien de la stabilité des secteurs monétaire et financier
Le
gouvernement est en train d'appliquer des réformes financières
visant à consolider le cadre réglementaire du système financier
afin de garantir sa conformité avec les normes et les pratiques
internationales. Le gouvernement a pris de nombreuses mesures dans
le but de moderniser et de motiver l'activité du marché de
capitaux.
1.
Le système bancaire
Dans
le but de maintenir la solidité du secteur bancaire (forte
capitalisation, rentabilité élevée et couverture de la liquidité),
la Banque Centrale adopte une politique visant à améliorer la
capitalisation. C'est pourquoi, elle a incité les banques à
augmenter leur taux de solvabilité à 12% d'ici la fin de l'an
2001. Par conséquent, le capital des banques commerciales a
nettement augmenté et à la fin de 2000, leur taux moyen de
solvabilité a atteint environ 15%, les capitaux propres du secteur
bancaire s'élevant à 2.8 milliards de dollars et le taux des
actifs bancaires par rapport au PIB atteignant 246%.
La
Banque du Liban ne cesse de déployer des efforts pour promouvoir le
contrôle bancaire en coordination avec la Commission de contrôle
bancaire. Selon l'évaluation du FMI en février 2001, le Liban
respecte actuellement 29 sur 30 Principes de base pour un Contrôle
Bancaire efficace (complètement conforme à 16 et partiellement
conforme à 13).
2.
Blanchiment d'argent :
Le
22 février 2001, le Conseil des ministres a donné son aval à
un projet de loi sur le blanchiment d'argent conformément aux 40
recommandations du GAFI. En outre, une entité juridique indépendante
« La Commission d'Enquête Spéciale » sera créée et
chargée d'enquêter sur les opérations de blanchiment d'argent et
de contrôler la conformité avec les règles et les procédures
stipulées par la loi.
Parmi
les lois et décisions qui ont été prises afin de renforcer la décision
du gouvernement de lutter contre le Blanchiment d'argent et d'améliorer
la solidité du système bancaire, figurent : l'amendement de
la loi sur les compagnies offshore (pour prohiber la création
d'institutions financières offshore), la loi réglementant la
Profession de l'Intermédiation financière et l'octroi de permis
relatifs aux compagnies d'Intermédiation financière, la loi sur
l'enrichissement illicite et l'arrêt concernant le Contrôle
financier.
Résumé
Le
gouvernement est pleinement conscient des défis qui se présentent.
Aussi a-t-il décidé d'adopter un programme économique global en
vue de relever les défis concernant l'économie nationale, la
double imposition et la dette. Le gouvernement est pleinement engagé
à la mise en oeuvre des mesures sous-mentionnées et jouit d'un
large consensus politique au support du processus de réforme.
Le
gouvernement a déjà appliqué des mesures bien définies relatives
au secteur immobilier. Il a simplifié et réduit à 6% le taux
moyen des droits de douane qui s'élevait à 12%, ; adopté une
nouvelle loi douanière modernisée; adopté la politique du Ciel
ouvert ; accordé des subventions et des garanties aux petites
et moyennes entreprises en vue d'activer les investissements dans le
secteur privé ; pris des démarches audacieuses pour
l'acquisition par les étrangers des propriété immobilières ;
renforcé le rôle et les prérogatives des autorités
d'investissement locales et décidé de privatiser l'Electricité du
Liban (EDL). La Caisse nationale de sécurité sociale est en cours
de réforme. D'autres mesures de réformes sont également envisagées
afin de relancer l'économie et donner une impulsion au système
fiscal.
Le
programme de relance économique mis en place par le gouvernement
libanais pivote sur son aptitude à endiguer le déficit budgétaire
récurrent. A cette fin, le gouvernement est tenu de réduire le
service de la dette d'une part et d'entreprendre des réformes
visant à réduire les dépenses récurrentes.
Outre
le service de la dette, le Trésor a souffert des exigences sévères
de dépenses dont les pensions de retraite militaires et les pertes
encourues par les entreprises publiques, comme l'EDL, la Middle East
Airlines (MEA ) et Télé-Liban (TL). Le gouvernement vise à
colmater la brèche du système et à prendre les démarches
audacieuses suivantes : la rationalisation des dépenses,
l'activation des prêts concessionnaires, le freinage les dépenses
extra-budgétaires de l'EDL qui sera bientôt privatisée, la
restructuration de la fonction publique par le licenciement du
surplus des effectifs de l'Etat et la restructuration des
entreprises publiques.
En
mettant un terme au gaspillage, le gouvernement accroîtra les
revenus de l'Etat par la mise en oeuvre des mesures fiscales
suivantes : adopter une réforme fiscale pour l'application de
la TVA et de l'impôt sur le revenu par individu, appliquer un
programme de privatisation de grande envergure, l'élimination des
subventions de sucres, introduire un impôt fixe sur les salaires
dams le cadre du budget 2001, soumettre au Parlement un projet de
loi sur la réglementation fiscale, prendre les démarches
administratives nécessaires pour améliorer la collecte des impôts
et accroître la rentabilité des entreprises publiques.
Le
gouvernement est pleinement conscient de la situation financière délicate.
Il s'est engagé à prendre et en a déjà pris des décisions
difficiles pour endiguer l'hémorragie au sein du système. Seules
les dépenses générées par le service de la dette restent
jusque-là en dehors du contrôle de l'Etat. C'est pourquoi, le
gouvernement a sollicité l'aide de la communauté financière
internationale sous forme de facilités de réduction du service de
la dette ressemblant à l'accord de garantie proposé par la Banque
mondiale et l'Argentine en octobre 1999 ou celui proposé par
l'Agence française de développement au Maroc en avril 1999. Ces
mesures, auxquelles s'ajoutent les efforts de réforme en cours,
permettront au Liban d'inverser les dynamiques de la dette, assainir
les finances publiques et promouvoir la croissance économique.
Finalement,
il est utile de noter que le Liban, foyer de la liberté et de la démocratie,
joue un rôle régional de chef de file, sur le plan économique et
politique. Le pays fournit des efforts sérieux pour libéraliser
son économie afin d'intégrer l'économie mondiale. Pour redevenir
un centre et fournir un exemple par excellence de libéralisation et
de démocratie dans la région, le Liban opte pour reprendre son rôle
d'antan. Pour atteindre tous ces objectifs, le Liban a besoin du
soutien des pays amis telle la France, ainsi que des organisations
internationales qui ont pavé la voie à la démocratie et à la libéralisation.
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